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Promesse tenue PDF Imprimer Envoyer

Samedi, 7 h, quatorze bénévoles ou partenaires de la Classic de l'Indre, accompagnés d'un journaliste inconscient, sont partis reconnaître le parcours.
C'est un peu comme quand on tente d'arrêter de fumer en proclamant partout qu'on va y parvenir. Sous peine de « ridicule », une fois la date annoncée arrivée, plus moyen de reculer, il faut tenir sa promesse. A force d'affirmer haut et fort que « bien sûr, comme l'année dernière, je ferai partie de la reconnaissance du parcours le 16 juin », il a bien fallu y aller. Non sans appréhension. Des craintes liées au fait que ce n'est pas parce qu'on a réussi une fois, que cela fonctionne à tous les coups, mon entraînement cycliste préalable s'apparentant au néant. De surcroît, autant le tracé 2011 vers Issoudun puis Vatan était d'une platitude rassurante, autant les bosses du sud-est de l'Indre semblaient effrayantes. Ne parlons pas de cette côte à 22 %, prévue du côté de Perassay. Cerise sur le gâteau, la météo prévoyait des averses incessantes durant toute cette matinée infernale.
Pas question de reculer devant l'obstacle. J'étais là tant bien que mal, à peu près à l'heure, devant la mairie d'Etrechet, les organisateurs, Jean-Luc Pernet et Pascal Mouré, ayant eu l'heureuse initiative de réduire la peine en ôtant le parcours final : 155 km à parcourir tout de même. Le départ était plutôt festif, genre retrouvailles de rentrée, certains ne se voient qu'à cette occasion. Bonne surprise également, c'est le soleil qui accompagnait la joyeuse troupe. Pas une goutte de pluie ne viendra finalement gâcher le rendez-vous, comme quoi les prévisions...
Deux crevaisons un pied à terre.
Ça discute dans les rangs preuve de la fraîcheur générale, ça avance à allure correcte. La première côte, pas loin de Mers-sur-Indre, est avalée sans souci. Une première crevaison au sommet de celle-ci permet aux bénévoles du véhicule d'assistance de montrer leur savoir-faire. Tout va pour le mieux. Quelques bornes plus loin, on débute le grand jeu du jour : le toboggan. Des montées courtes, des descentes idem, c'est amusant... au début. Et puis, on s'en lasse. Enfin surtout mes jambes. On arrive dans le canton de Sainte-Sévère et là ça devient vraiment difficile. Les montées semblent interminables, même en « tout à gauche » comme disent les initiés (petit plateau, grande vitesse), je suis de plus en plus talonné par la voiture-balai. A tel point que lors de ma deuxième crevaison (suis-je trop lourd pour ce vélo aimablement prêté par Jean-Luc Pernet ?), je me retrouve seul avec Jean-Noël (plus les « mécanos », qui me dénichent une deuxième roue de secours piquée sur le vélo du premier abandon). Loin devant, le reste du « peloton » s'imagine que j'ai « bâché » comme ils me le confient quelques minutes plus tard. Mais non. On n'est plus qu'à quelques kilomètres de l'attraction du jour. La côte de « Chez Piot ». Une espèce de truc incroyable, pas loin du village de Perassay. Pourcentage : 22 % pendant 192 m, sans beaucoup d'élan possible et sans télésiège pour grimper. Perso, je fais 10-15 m et pied à terre, 9 de mes collègues parviendront tout en haut, chapeau bas. On enchaîne avec quelques nouvelles bosses plus faciles mais ça fait toujours mal. On approche les 100 bornes et on remonte vers Etrechet. Le vent de face n'est pas le bienvenu mais, seul au monde, derrière les fusées, j'ai presque envie de lever les bras en franchissant le panneau de la commune. J'en ai bavé, mais je l'ai fait. En revanche, je n'ai toujours pas décidé d'arrêter de fumer...
Jean-Marc Le Ruyet